Une surcharge sensorielle, c’est quand le cerveau reçoit trop d’informations en même temps : sons, lumières, mouvements, voix, odeurs…
Pour un enfant autiste ou hypersensible, ces stimuli ne sont pas “juste présents” : ils sont envahissants, parfois douloureux.
Comprendre ce phénomène permet d’éviter de graves malentendus :
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ce n’est pas un caprice
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ce n’est pas de la provocation
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ce n’est pas un manque d’éducation
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ce n’est pas une crise volontaire
Ce n’est pas psychologique —c’est neurologique.
1. Les signaux visibles d’une surcharge
Chaque enfant a ses signes, mais voici les plus fréquents :
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se boucher les oreilles
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tourner la tête ou fermer les yeux
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se balancer
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s’agiter ou marcher rapidement
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répéter des sons/mots
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se cacher sous un meuble ou une table
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s’isoler
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devenir soudain muet
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pleurer sans pouvoir expliquer
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hurler
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tomber en meltdown
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partir en fuite (éloignement instinctif)
Ce ne sont pas des comportements “étranges” :
ce sont des mécanismes de protection.
Ce qui provoque une surcharge
2.Exemples concrets à l’école :
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sonnerie trop forte
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brouhaha de classe
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fluorescents qui clignotent
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récréation bruyante
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mélange de voix simultanées
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odeurs de cantine
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mouvements rapides des autres
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contacts physiques non anticipés
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sensation de contrainte (assis trop longtemps)
Exemples à la maison :
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télé allumée + enfants qui parlent + parents qui cuisinent
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aspirateur
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invité supplémentaire dans la maison
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lumières agressives
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changement imprévu
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routine perturbée
Pour le cerveau hypersensible, cela revient à :
Recevoir 100 signaux en même temps, sans pouvoir filtrer.
3. Comment réagir correctement
à NE PAS faire :
❌ dire “calme-toi”
❌ dire “arrête de faire ça”
❌ gronder
❌ exiger une explication
❌ forcer le contact visuel
❌ minimiser
❌ presser l’enfant
à faire :
✔ réduire l’environnement sensoriel
✔ parler doucement
✔ donner un espace calme
✔ éviter le regard direct (ça surcharge encore plus)
✔ proposer une pause
✔ utiliser peu de mots
✔ rester présent sans envahir
Parfois le plus beau soutien est silencieux :
“Je suis là. Tu peux prendre ton temps.”
4. Créer un espace refuge
À l’école ou à la maison, il devrait exister un endroit où l’enfant peut aller :
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une tente sensorielle
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un coin avec coussin
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sous un bureau
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une salle calme
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un espace éloigné des autres
Et surtout :
cet espace ne doit pas être présenté comme une punition.
Mais comme une permission.
5. Lui donner des outils d’autorégulation
Selon l’enfant :
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casque antibruit
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fidgets
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balle antistress
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timer visuel
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carte “pause” à montrer
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pictogramme “j’ai besoin de calme”
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respiration guidée
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mouvement doux du corps
Ce ne sont pas des gadgets —ce sont des outils de survie sensorielle.
6. Après la surcharge : pas d’analyse au mauvais moment
Quand la crise est passée :
❗ ne pas demander immédiatement :
“Pourquoi tu as crié ?”
À ce moment-là,
le cerveau est épuisé.
Attendre plus tard et proposer plutôt :
“Est-ce que tu veux m’expliquer quand tu te sentiras prêt ?”
Conclusion
Un enfant en surcharge sensorielle ne vit pas un moment d’agacement…
Il vit un moment de douleur intérieure invisible.
Le meilleur accompagnement est toujours basé sur :
- la patience
- la bienveillance
- la compréhension
- l’absence de jugement
Et la phrase à garder en tête :
“L’enfant ne réagit pas contre les autres. Il réagit à son environnement.”